avantimpactQuand on lit les premières lignes, le parallèle est frappant : une salle de concert et une catastrophe. On ne sait pas ce qui s'est passé mais on peut facilement se projeter. Et le lecteur se demande : l'auteur a-t-il écrit ce texte en réaction aux attentats du 13 novembre 2015?

C'est en lisant la postface que la réponse nous est donnée : ce roman l'auteur l'a écrit avant. Les épreuves étaient à la relecture lorsque le 13 novembre est arrivé. Pour lui "les auteurs d'aujourd'hui éclairent des réalités de demain..."

C'est le dernier cours de la semaine avant le week-end de la Pentecôte. Cours de français, classe de 3ème, chaleur écrasante.

La prof a du mal à intéresser ses élèves. Et comme d'habitude Mokthar et Fabien, secondé par Thierry, se prennent à parti. Insultes, railleries... des propos racistes sont eructés. Exclusion par la prof, mais aussi par les autres élèves qui n'en peuvent plus d'entendre le racisme et la haine de Fabien.

Car de haine, c'est bien de ça dont il s'agit.

Annabelle, personnage fil rouge de ce roman, vit dans une ville où l'extrème-droite est à la tête de la municipalité, dans une ville où la haine et le rejet de l'autre ont été votés. Pour résister le groupe Tangram organise un concert pour soutenir la cause des sans papiers et dénoncer la politique de la municipalité.

Ce roman nous plonge dans le quotidien d'adolescents pendant quelques heures. Quelques heures pour découvrir la puissance et l'aveuglement de la haine. Et en donnant la voix à différents personnages, l'auteur permet au lecteur de comprendre petit à petit ce qu'il s'est passé et d'en arriver lui-même au dénouement.

Oui, la haine est présente dans ce roman. Mais la justice, l'espoir, la résistance et l'amour en font également partie.

C'est une lecture qui peut être difficile tant la projection est facile et douloureuse. Pourtant ce roman apporte au lecteur une bouffée d'espoir et d'oxygène.

A lire absolument!