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Suivre les dernières évolutions et perspectives dans le milieu du livre et des bibliothèques. Revenir sur divers évènements départementaux.

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Le 5 novembre dernier, la MDA organisait une journée de séminaire sur le genre de l'imagier, en présence du duo d'auteurs Pittau & Gervais, de la chercheuse Colombine Depaire et de la lectrice Mélanie Marquet. L'occasion de revenir sur ses spécifités...

"Identifier un objet familier dans un dessin, puis le mettre à distance et se l'approprier en le nommant est un jeu indispensable qui procure une intense jubilation au tout-petit."

Lucette Savier, "A chaque layette, un livre" in L'enfant lecteur (Autrement)

 

 Qu'est-ce qu'un imagier ?

Sa forme la plus classique propose des illustrations ou des photos d'un objet avec le mot écrit dessous. Thématique ou non, l'imagier est un inventaire du quotidien du tout-petit.

L'imagier favorise l'apprentissage du langage. Reconnaître, savoir nommer les objets du monde qui l'entoure est très valorisant pour le tout-petit. Il donne des mots à l'enfant pour apprivoiser et maîtriser son environnement, ce qui le sécurise.

Les grandes évolutions de l'imagier

Trois titres ont marqué leur époque et fait évoluer les imagiers.

L'imagier du Père Castor (1ère édition 1952). Un vrai livre, souple, très épais, avec de nombreuses pages qui se déchirent ! Une petite révolution ! Il détonne parmi les livres cartonnés que l'on commence à donner aux bébés. Un classique du genre.

 L'album d'Adèle de Claude Ponti (1986). Dessiné pour sa fille, cet imagier prend le contre-pied des énumérations. Il introduit l'imaginaire...
D'abord bien rangés, les personnages, les objets sont alignés comme une phrase d'un texte. Au fil des pages, les dessins s'animent et font la part belle au désordre laissant au lecteur la possibilité de nommer les images, mais aussi de raconter une histoire, des histoires à l'infini, rien qu'en suivant un seul des personnages.
Une autre particularité : son format. Il est démesurément grand, parfois plus grand que l'enfant lui-même !

Tout un monde de Katy Couprie et Antonin Louchard (1999). C'est un livre souple avec de nombreuses pages qui foisonnent d'images, mais sans texte. Créé par seulement 2 artistes, cet imagier a été conçu en utilisant plus de 30 techniques différentes d'illustrations. Il permet une véritable entrée dans l'art.
L'autre caractéristique de cet imagier est son fonctionnement par analogie : image après image, les idées s'enchaînent et les images se transforment au fil de ces pensées. S'il peut déconcerter certains adultes, cet imagier plaît énormément aux enfants.

On le voit, le genre de l'imagier est en profonde mutation : créateurs et éditeurs ne cessent d'en renouveler les formes, de rechercher de nouvelles pistes de narration, de décliner, voire d'en détourner les codes. Une bibliographie réalisée à partir des titres choisis par les intervenants du séminaire permettent de se rendre compte de la richesse et de la diversité de la production actuelle.

Comment ça "se raconte" un imagier ?

 Un imagier n'offre pas une lecture linéaire, mais une multitude d'entrées, de déclinaisons possibles (on peut commencer par la fin, commencer au milieu, revenir en arrière...) Chaque lecture peut finalement être une première !

Il se regarde à plusieurs avec, par exemple, un adulte qui cite les mots, commente les situations, mais aussi tout seul, après en avoir pris connaissance et se l'être approprié. On peut même y revenir quand on est plus grand et qu'on apprend à lire...

Pour aller plus loin :

l'article de Marie-Claude Javerzat "Que signifie lire un imagier aujourd'hui ?" in Revue NVL n°196 (juin 2013)

 


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