Aucune notice dans le panier
Compte bibliothèque

Ungerer, Tomi

Wikipédia


Enfance et adolescence


Issu d’une famille protestante qui compte des bouchers (originaires de Öhringen, installés en Alsace en 1674) et des pasteurs, Tomi Ungerer est le fils de Théodore Ungerer et d’Alice Essler.
Son arrière-grand-père Auguste Théodore, son grand-père Alfred (1861-1933) et son père Théodore (1894-1935) travaillent dans l'horlogerie monumentale. L'entreprise d'horlogerie Ungerer active de 1858 à 1989 a notamment entretenu la troisième horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg.
Tomi Ungerer est âgé de trois ans quand son père décède. Ce dernier était ingénieur, fabricant d'horloges astronomiques, artiste et historien ; Tomi lui rend hommage dans De père en fils (2002) : "J’ai eu le sentiment qu'il m'avait transmis tous ses talents en mourant". La famille quitte Strasbourg et part s’installer à Wintzenheim, dans le quartier du Logelbach au 12 rue Haussmann – une plaque signalant le lieu où il a habité a été posée le 19 février 2005 –, dont les paysages calmes et romantiques inspireront l’auteur. C’est en Alsace que son œuvre plonge ses racines, malgré son tempérament de globe-trotter.
Durant la Seconde Guerre mondiale, l'Alsace est annexée par l’Allemagne. La maison et l’usine familiale sont réquisitionnées par les Allemands et, comme tous les Alsaciens, Tomi Ungerer subit un endoctrinement nazi via l’école qu’il fréquente et qui est soumise à la germanisation. Les journées commencent alors par des chants nazis (qu'il a avoué quelque temps avant sa mort encore connaître par cœur, fruit de l'endoctrinement d'alors, dont on se défait jamais disait-il), et l'écoute des discours du Führer. Il lui est fait totale interdiction de parler français et son prénom jugé insuffisamment germanique est changé autoritairement en « Hans ». Cette période l'a traumatisé à vie indiquait-il encore au soir de sa vie, faisant encore des cauchemars chaque nuit liée à cette période.
Sa mère continue toutefois à lui parler en français malgré l'interdiction. Et quand elle est dénoncée aux autorités nazies, elle trouve un stratagème pour continuer : à l'officier de la Gestapo qui la reçoit, elle confirme parler en français avec son fils, et indique qu'elle continuera. Elle ajoute avec une feinte conviction : "il faudra bien trouver des gens pour diriger ces Français après la victoire finale." Convaincu, l'officiel admet : "Ainsi parle une vraie fille du Führer." Et ainsi l'enseignement en français du jeune Tomi put continuer.
Il se dit alors "Français à la maison, Alsacien dans la rue, et Allemand à l'école. Nouveau traumatisme pour lui. Il en dit avec amertume en 2009 : citation|La liberté c’est avant tout le droit de l’individu à sa propre identité. L’égalité c’est l’harmonie entre les différences qui se complètent. La fraternité se crée dans le respect de l'identité des autres. Pour le jacobinisme centraliste français avec son idéal de citoyens identiques issus d’un moule scolaire, ceci est anathème ! Pour faire de nous Alsaciens, une région de Kougelhopfs et de Dumkopfs docilisés, la France de l'après-guerre a commis un assassinat culturel. Par le biais de l'enseignement, elle s’est acharnée à nous déraciner de nos origines qui sont germaniques. Même s’il est préférable que nous soyons les Allemands de la France plutôt que les Français de l'Allemagne, nous n’en sommes pas moins stigmatisés, nous sommes les Ploucs am Rhein, jadis tout simplement des sales boches !".
Ces événements doublement douloureux pour lui le marqueront d'une sensibilité particulière, qui se traduira dans ses œuvres tout au long de sa longue carrière artistique.
Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, Tomi pratique le scoutisme chez les Éclaireurs Unionistes de Colmar, où il reçoit le totem de « Fourmi boute-en-train » : "Lorsque j’étais chez les scouts, mon totem, c'était une fourmi. Imaginez ces fourmis courant dans tous les sens, toujours en train de travailler. Je ne pouvais pas passer ma vie à ne rien faire. Un vrai boute-en-train, c’est-à-dire un meneur… une fourmi qui montrait le chemin aux autres, qui entraînait les autres dans sa fourmilière." En 1946, il explore la France à vélo.
En 1951, après son échec au baccalauréat, au lycée Bartholdi, il voyage par des moyens de fortune jusqu'en Laponie et au Cap Nord.
En 1952, Tomi Ungerer s'engage dans le corps des méharistes en Algérie. Il est réformé en 1953. Il s'inscrit alors aux Arts décoratifs à Strasbourg mais est renvoyé au bout d’une année pour indiscipline. Il travaille alors comme étalagiste et publicitaire pour des petites entreprises.
Entre 1954 et 1955, il effectue de nombreux voyages dans toute l'Europe, toujours par des moyens de fortune (en auto-stop ou en s’engageant comme marin sur des cargos), notamment en Islande, en Norvège, en Grèce et en Yougoslavie.

New York


En 1956, Tomi Ungerer part pour New York. Il débarque avec un carton de dessins et 60 $ en poche, et c’est le succès immédiat : il travaille pour les journaux et magazines les plus prestigieux (New-York Times, Village Voice, Life etc.). Sa rencontre avec {{lien|Ursula Nordstrom des éditions Harper & Row lui permet de publier quatre-vingts livres pour enfants en dix ans. Ce sont ses activités de publicitaire et notamment d’affichiste qui lui apportent la notoriété : ses affiches contre la guerre du Viêt Nam sont très connues. Il est également connu comme un important satiriste et dessinateur humoristique (pour adultes).
Après un divorce, il se remarie en 1972 avec Yvonne Wright et s’installe en Nouvelle-Écosse au Canada. Ils ne s'y plaisent pas trop, car leur voisinage est plus que turbulent, digne du Far-West

L’Irlande


En 1976, Tomi et Yvonne s’installent définitivement à Cork en Irlande, pays d’où Yvonne est originaire et où naît leur première fille, Aria.

Engagements



Tomi Ungerer est membre du comité de patronage du think tank strasbourgeois Forum Carolus, créé et dirigé par Henri de Grossouvre, car pour lui, comme il aime à le répéter, "pour la première fois depuis des siècles, Strasbourg et l’Alsace sont au bon endroit au bon moment".
En 1975, il fait une première donation à la ville de Strasbourg d'œuvres personnelles et de jouets issus de sa collection. Cette donation est suivie de plusieurs autres.
À partir des années 1980, il s’investit énormément pour l’amélioration des relations franco-allemandes et dans la préservation de l’identité, du particularisme et du bilinguisme en Alsace.
En 1988, pour le bimillénaire de Strasbourg, il réalise la « Fontaine de Janus », installée à l’arrière de l’Opéra national du Rhin.
Une de ses sœurs décède le 20 janvier 1992 dans la catastrophe aérienne du mont Sainte-Odile. Il fonde alors l’association Entraide de la Catastrophe des Hauteurs du Sainte-Odile (ECHO).
En 1998, il obtient le prix Hans Christian Andersen, mention illustrateur, la plus haute distinction pour un auteur de livres d'enfants.
En 2008, il est le premier lauréat du Prix de l'Académie de Berlin.
Son œuvre compte formatnum:30000 à formatnum:40000 dessins. Elle s'étend aux domaines de la littérature d'enfance et de jeunesse, de la publicité, des alsatiques et de l’érotisme.

Mort et hommage posthume



Père de quatre enfants, Phoebe, Aria, Pascal et Lukas, Tomi Ungerer meurt le date de décès|9 février 2019 à Cork (Irlande), chez sa fille Aria. Ses obsèques sont célébrées le 12 février en l'église Saint-Brendan de Bantry en Irlande.
Une cérémonie œcuménique d’À Dieu est organisée à la Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg le 15 février. Présidée par Mgr Luc Ravel, la prédication est donnée par le pasteur Christian Krieger et par le chanoine Michel Wackenheim archiprêtre de la cathédrale, en français, allemand et alsacien. Roland Ries, maire de Strasbourg, prononce l’hommage de la ville et, selon les dernières volontés de Tomi Ungerer, un chant yiddish, « Mein Ruheplatz », chanté par Astrid Ruff ouvre la célébration, puis Roger Siffer interprète trois chansons : « Ich hatt’einen Kameraden », « O Strassburg » et « Die Gedanken sind frei ». La cérémonie qui s’achève sur la Prière scoute, réunit plus de nombre|1000 personnes.
Selon ses dernières volontés, ses cendres sont partagées. Une moitié repose à Strasbourg, dans le caveau familial au cimetière Saint-Gall de Strasbourg, l’autre est inhumée en Irlande.
Le square du Tivoli, situé à proximité de sa maison natale à Strasbourg, va prendre le nom de « Place Tomi-Ungerer ». Une statue de l’artiste y sera installée.

cg12 Médiathèque départementale
Conseil départemental de l'Aveyron
BP724
12007 Rodez Cedex
Tél : 05 65 73 72 50

Contactez-nous