Golshifteh Farahani 7 1024x640

Entre ruptures et continuités, censure et rage créatrice, le cinéma iranien a connu bien des secousses et n'en est pas moins devenu une référence cruciale dans le paysage mondial.

Années 80, l'apparition d'un cinéma à hauteur d'enfants

Après la révolution de 1979, durant laquelle des salles de cinéma sont incendiées, le sort du septième art paraît fragile en Iran. Mais le nouveau régime soutient l'industrie cinématographique à des fins de propagande, en particulier pour mobiliser les foules face à l'agression irakienne, et en marge de ce cinéma « révolutionnaire », qui balaye les comédies et films de voyous en vogue à l'ère impériale, une vague de films témoigne de la persistance d'un cinéma d'auteur plus singulier né dans les années 60. Ces films diffusés à l'étranger concourent à donner une certaine identité au cinéma iranien hors des frontières : souvent tournés dans des provinces lointaines avec des scénarios simples et une esthétique empreinte de poésie, ils ont des enfants pour personnages principaux. Bashu le petit étranger de Bahram Beyzai et Où est la maison de mon ami ? d'Abbas Kiarostami en sont de bons exemples.

 

IR BashuBashu le petit étranger / Bahram Beyzaï

"Bashu a perdu sa famille dans les bombardements et fuitla guerre en montant clandestinement dans un camion. Orphelin, il se retrouve perdu dans un petit village en pleine campagne, loin de chez lui. Personne ne comprend sa langue et la couleur sombre de sa peau ne lui attire que des moqueries. Une mère de famille décide de lui venir en aide."  Un beau film au message très pacifiste.  Extrait

 

IR Kelid 1987 1La clé / Ebrahim Forouzesh

"Amir a quatre ans. Sa maman a des courses à faire. Elle lui recommande son petit frère de six mois. En partant, elle ferme soigneusement la porte à clé... Amir fait des bêtises, renverse le biberon, le bébé pleure, une voisine sonne à la porte, Amir n'a pas la clé."

Quelque part dans le sillage de Chaplin, voilà une irrésistible comédie infantile dont le scénario tient à si peu de choses.

 

IR passager 2Le passager / Abbas Kiarostami

"Un jeune adolescent de province, passionné de football, décide de monter à la capitale pour assister à un match important. Avec l'aide de son ami, il fait l'impossible pour réunir l'argent nécessaire..."

L'un des premiers films de Kiarostami.

 

IR costume de mariageLe costume de mariage / Abbas Kiarostami

"Une femme de la bourgeoisie locale rend visite à un tailleur de Téhéran pour la confection d'un costume que son fils portera à l'occasion du mariage de sa sœur. Dans l'ombre du commerce des adultes, d'autres tractations ont lieu... Qui obtiendra du tailleur, le privilège clandestin de porter ce costume, la nuit précédant sa livraison ?"

 

IR ou est la maison de mon ii03 gOù est la maison de mon ami ? / Abbas Kiarostami

"Un écolier s'aperçoit, alors qu'il se prépare à faire ses devoirs, qu'il a ramené chez lui par erreur, le cahier d'un camarade de classe. Sachant que son camarade risque d'être renvoyé s'il ne rend pas ses devoirs sur son propre cahier, il part à sa recherche. Mais la route est longue et difficile, et l'adresse imprécise."

On ne se lasse pas de ce film admirable et atemporel ! Extrait

 

 

Les années Kiarostami

Dans les années 90, Abbas Kiarostami devient avec Mohsen Makhmalbaf l'ambassadeur d'un cinéma iranien en voie de renouvellement. Ses films questionnent les rapports entre vérité et fiction, réel et cinéma (Close up), creusent des mises en abymes (Et la vie continue), expérimentent de nouvelles techniques (Ten) et obtiennent une reconnaissance internationale (Palme d'or pour Le goût de la cerise en 1997).

 

IR et la vieEt la vie continue / Abbas Kiarostami

"Après le tremblement de terre de 1990 qui a ravagé le nord de l'Iran, un cinéaste et son fils tentent de rejoindre le village de Koker situé au centre de la catastrophe. L'homme s'inquiète de savoir si les deux enfants qui avaient joué dans : Où est la maison de mon ami ? sont encore en vie. Il interroge les passants en leur montrant une photo du film de Kiarostami. Le cinéaste réalise alors que la vie continue..."

 

IR Close up 2Close up / Abbas Kiarostami

"Cinéphile obsessionnel et sans emploi, Hossain Sabzian ne peut résister à la tentation de se faire passer pour le cinéaste Mohsen Makhmalbaf afin de s'attirer les faveurs d'une famille iranienne bourgeoise. Une fois démasqué, cet homme est traîné devant la justice pour escroquerie."

Sur Télérama.fr, un article sur ce qui est, quand même, un chef d'oeuvre d'intelligence cinématographique dont on pourrait discuter sans fin.

 

IR le gout de la ceriseLe goût de la cerise / Abbas Kiarostami

"Un homme désespéré propose de l'argent en échange d'un étrange service... Les réponses à sa quête sont autant de rencontres différentes... Hypnotique, simple et complexe à la fois et surtout splendide..." Un surprenant road-movie métaphysique, Palme d'or à Cannes en 1997.   Extrait

 

IR tenTen / Abbas Kiarostami

"Ten, dix séquences de la vie émotionnelle de six femmes et les défis qu'elles rencontrent dans une étape particulière de leur vie, qui pourraient aussi bien être dix séquences de la vie émotionnelle d'une seule et unique femme."

Par ses choix radicaux de mise en scène, Ten (2002) marque une rupture dans l'oeuvre de Kiarostami, et annonce ses prochains films, qui seront plus confidentiels et expérimentaux. Sur le fond, c'est aussi un film courageux - pas si simple, par exemple, une prostituée dans un film iranien.

Durant cette période faste, Kiarostami a su former de jeunes réalisateurs... et ne pas les éclipser. On reviendra sur Jafar Panahi, qui a été son assitant, mais profitons-en pour mentionner ce film très kiarostamien :

IR querellesQuerelles / Morteza Farshbaf

L'oncle et la tante d'Arshia, 10 ans, tous deux sourds-muets, prennent la route avec lui en quête de ses parents disparus après une violente dispute. Sur le dit, le non-dit, un premier film cocasse, bouleversant et subtil...

Bande annonce

 

 

Sexe, drogues, rock'n'roll et politique à Téhéran

 

Les années 2000 voient un tournant, avec l'émergence massive de nouveaux réalisateurs. L'immense et tumultueuse Téhéran devient le décor privilégié, et les sujets se font plus sociaux et politiques, mettant à mal les tabous : inégalités sociales, suicide des jeunes, drogue, musique pop, divorce, statut des femmes, antennes paraboliques... Le fossé abyssal séparant le régime conservateur, qui n'hésite pas à s'immiscer dans la vie privée des citoyens, et les préoccupations d'une société autrement plus ouverte et "moderne" (en particulier les jeunes des grandes villes) engendre une sorte de schizophrénie généralisée, abondamment documentée au cinéma. Le propos est de plus en plus engagé, en particulier après 2009 et la réélection frauduleuse du président Ahmadinejad et l'énorme vague de contestation que cela a engendré. Ce sont souvent des films oh combien courageux face à une censure très lourde, et certains cinéastes, comme Jafar Panahi, paient très chers des films tournés avec peu de budget.

 

 IR mainlineMainline / Rakhshan Bani-Etemad

"Sara est une jeune Iranienne de vingt ans qui vit avec sa mère dans la mégapole iranienne, Téhéran. Son fiancé vit à Toronto. Leur mariage doit être célébré quelques semaines plus tard. Mais Sara se drogue et doit se soigner pour que leur union puisse avoir lieu sans que son futur mari ne s'aperçoive de sa dépendance. La mère décide d'emmener sa fille dans une clinique sur les rives de la mer Caspienne." Bande annonce

 

IR pommeLa pomme / Samira Makhmalbaf

"Dans un quartier pauvre de Téhéran, plusieurs familles écrivent au Bureau d'aide Sociale pour dénoncer que dans leur rue, un père et sa femme aveugle séquestrent leurs deux petites filles depuis leur naissance."

 

 

IR charts persansLes chats persans / Bahman Ghobadi

"A leur sortie de prison, une jeune femme et un jeune homme musiciens décident de monter un groupe. Ils parcourent Téhéran à la rencontre d'autres musiciens underground et tentent de les convaincre de quitter l'Iran. N'ayant aucune chance de se produire à Téhéran, ils rêvent de sortir de la clandestinité et de jouer en Europe. Mais que faire sans argent et sans passeport..." Bande annonce

 

IR Hunter TheThe hunter / Rafi Pitts

"Téhéran, 2009. Ali récemment libéré de prison est veilleur de nuit dans une usine. Il vit à contretemps de sa femme et sa fille. Lorsqu'elles disparaissent dans les émeutes qui secouent la ville, Ali devient le chasseur, poursuivant froidement de sa haine un ennemi insaisissable, caché au coeur des villes aussi bien qu'en lui-même." Bande annonce

 

IR une famille respectable 47511 1271Une famille respectable / Massoud Bakhshi

"Arash est un universitaire iranien qui vit en Occident. Il retourne donner des cours à Chiraz, où vit sa mère, loin de Téhéran. Entraîné dans un tourbillon d'intrigues familiales et financières, il replonge dans un pays dont il ne possède plus les codes. A la mort de son père, découvrant ce qu'est devenue sa "famille respectable", il est contraint de faire des choix." Bande annonce

 

IR lonely tunesLonely tunes of Tehran / Saman Salour

"Behrouz, ancien opérateur radio pendant la guerre Iran/Irak, retrouve à Téhéran, après de longues années, son cousin Hamid, personnage haut en couleurs et ingénieur en télécommunications au chômage. Tous deux décident de gagner leur vie en installant des antennes paraboliques chez des particuliers, activité potentiellement lucrative mais dangereuse, car illégale."

 

IR femme iranienneUne femme iranienne / Negar Azarbayjani

Bien que Rana soit une femme traditionnelle, elle est forcée de conduire un taxi pour rembourser la dette qui empêche son mari de sortir de prison. Par chance, elle rencontre la riche et rebelle Adineh, désespérément en attente d'un passeport pour quitter le pays et ainsi échapper à un mariage forcé. Les deux femmes vont s'aider mutuellement, mais Rana ignore qu'Adineh cache un lourd secret... Bande annonce

 

IR ruzi keLe jour où je suis devenu femme / Marzieh Meshkini

"Trois générations de femmes se succèdent dans ce film. Hava est sur le point de rejoindre son petit camarade quand sa grand-mère lui rappelle qu'elle a aujourd'hui neuf ans et que désormais elle ne pourra plus aller jouer librement avec ses amis. Sa mère lui offre son premier tchador noir.  Des dizaines de jeunes filles en tchador font une course cycliste. Le mari de l'une d'elles lui intime l'ordre de renoncer, sinon il la répudiera. La jeune femme ne l'écoute pas et pédale de plus belle. Il revient en compagnie de sages du village. A Kish, au sud de l'Iran, débarque d'un avion une femme âgée. Elle demande à un jeune porteur de l'accompagner au plus proche centre commercial. Elle vient d'hériter et décide de s'acheter tout ce qu'elle n'a jamais pu se payer dans sa pauvre vie." Bande annonce

 

IR red roseRed Rose / Sepideh Farsi

Téhéran, juin 2009, au lendemain de l'élection présidentielle usurpée. Le tumulte d'une ville qui tangue sous la "vague verte" de contestation. Un appartement comme lieu de refuge. Un homme et une femme de deux générations différentes. Un téléphone portable et un ordinateur pour relayer les nouvelles de la révolte. Une histoire d'amour qui bouleversera le cours de deux existences. Bande annonce

 

IR nahidNahid / Ida Panahandeh

Nahid, jeune divorcée, vit seule avec son fils de 10 ans dans une petite ville au bord de la mer Caspienne. Selon la tradition iranienne, la garde de l'enfant revient au père mais ce dernier a accepté de la céder à son ex-femme à condition qu'elle ne se remarie pas. La rencontre d'un nouvel homme qui l'aime passionnément et veut l'épouser va bouleverser sa vie de femme et de mère.

 

 IR sommeil amerSommeil amer / Mohsen Amiryoussefi

"Un laveur de morts règne en maître sur le petit monde du cimetière de Khomeyni Chahr, une petite ville du centre de l'Iran. Entouré d'une laveuse de cadavre exploitée, d'un apprenti incompétent, d'un fossoyeur opiomane, d'un médecin nostalgique, il supervise avec rigueur son champ de sépultures. On ne rigole pas avec la mort. Et ce d'autant moins qu'un jour, pris d'un malaise, un doute terrible l'accable : serait-il donc mortel lui aussi ?" Un film étonnant, inclassable et métaphysique.

 

 

Jafar Panahi, le cinéaste indomptable

 

IR ballon blancLe ballon blanc + Sang et or / Jafar Panahi

Le ballon blanc : "Au moment de la nouvelle année iranienne, une petite fille rêve de s'offrir, conformément aux habitudes, un poisson rouge. A force de supplications, elle obtient l'argent nécessaire mais perd le billet dans une bouche d'égout... "

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Sang et or : "Revenu physiquement et mentalement affecté de la guerre, Hussein gagne sa vie comme livreur de pizzas. Se rendant chez le bijoutier avec sa future épouse, il est traité comme un moins que rien par le commerçant. Confronté aux signes de l'injustice sociale, il craque et se lance dans une action désespérée."

 

IR miroirLe miroir / Jafar Panahi

"Mina, une petite écolière, attend comme tous les jours sa mère à la sortie de l'école. Mais cette fois, celle-ci tarde à venir. Mina décide alors de rentrer chez elle par ses propres moyens. Mais elle ne connaît pas son adresse ! Durant son périple, dans la ville bouillonnante, elle va croiser de nombreux adultes auxquels elle tiendra tête. Têtue et obstinée, mais aussi imprévisible, Mina fera tout pour retrouver le chemin de la maison..." Bande annonce

 

IR ceci nest pas un filmCeci n'est pas un film / Jafar Panahi

"Arrêté à son domicile le 1er mars 2010 et accusé de "propagande contre le régime", Jafar Panahi est jugé et condamné à six années de prison, assorties d'une interdiction pour une durée de vingt ans de tourner des films. Reclus entre les murs de son appartement, le cinéaste nous adresse en désespoir de cause cette lettre filmée, dont l'humour ravageur frappe par sa dignité, son courage et son insolence. La situation devient le sujet même de son film : que reste-t-il à un cinéaste qui n'a plus le droit de filmer et qui attend qu'on le jette incessamment en prison ?" Bande annonce

 

IR taxi teheran Jafar PanahiTaxi Téhéran / Jafar Panahi

"Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion... Taxi Téhéran est autant un acte politique qu'un geste artistique fort. Bravant les interdits, Jafar Panahi livre, sous la forme d'un faux documentaire, un portrait réaliste, et pourtant drôle, de son pays. Une véritable leçon de la part d'un maître du cinéma aussi courageux qu'ingénieux." Bande annonce

 

 

Asghar Farhadi

 

IR enfants de bellevilleLes enfants de Belleville / Asghar Farhadi

"Akbar est jeune, il vient d'avoir 18 ans, mais Akbar est condamné à mort. Alors qu'il attend son exécution dans une prison de Téhéran, son meilleur ami et sa sœur vont tenter d'obtenir le pardon du père de sa victime, seul moyen pour lui d'échapper à son destin." Bande annonce

 

IR atashLa fête du feu / Asghar Farhadi

"A Téhéran, en plein tchaharshanbe suri, fête du feu plurimillénaire célébrant le nouvel an iranien, Rouhi, future jeune mariée vivant un bonheur complet, se rend au domicle conjugal d'un couple pour quelques heures de ménage. Elle découvre alors un foyer en crise où la femme soupçonne son mari d'adultère..." Bande annonce

 

IR a propos d elly p2A propos d'Elly / Asghar Farhadi

"Un groupe d'amis étudiants passe des vacances dans une vaste demeure au bord de la mer Caspienne. Sepideh, qui s'est occupée de l'organisation, a décidé d'inviter Elly, en espérant que celle-ci ne soit pas indifférente au charme de son ami Ahmad, qui sort tout juste d'une rupture. Les vacances se passent dans la bonne humeur, jusqu'à la soudaine disparition d'Elly..." Bande annonce

 

IR une separation 820716Une séparation / Asghar Farhadi

" Lorsque sa femme le quitte, Nader engage une aide-soignante pour s'occuper de son père malade. Il ignore alors que la jeune femme est enceinte et a accepté ce travail sans l'accord de son mari, un homme psychologiquement instable..." Bande annonce

 

 

IR le clientLe client / Asghar Farhadi

"Contraints de quitter leur appartement du centre de Téhéran en raison d'importants travaux menaçant l'immeuble, Emad et Rana emménagent dans un nouveau logement. Un incident en rapport avec l'ancienne locataire va bouleverser la vie du jeune couple." Bande annonce

 

 

Et les Kurdes

 

L'Iran est un pays multiethnique, dont la moitié de la population n'a pas le persan pour langue maternelle. La question des Kurdes, moins dramatique qu'en Turquie mais pas franchement idyllique, aura inspiré bon nombre de films.

 

IR tableau noirLe tableau noir / Samira Makhmalbaf

"A la suite d'un bombardement au Kurdistan iranien, des instituteurs errent de village en village à la recherche d'élèves. L'un d'entre eux trouve sur son chemin un groupe d'adolescents qui tentent de passer en Irak. Malgré les efforts de l'instituteur, aucun n'est désireux d'apprendre. Un second croise un groupe de vieillards qui essaient de rejoindre leur terre natale. Un troisième rencontre une jeune veuve. Epris d'elle, il décide de la suivre." Bande annonce

 

IR tortuesLes tortues volent aussi / Bahman Ghobadi

"Dans un village du Kurdistan irakien, à la frontière de l'Iran et de la Turquie, la guerre s'approche de plus en plus. Les habitants cherchent une antenne parabolique pour capter des nouvelles par satellite. Alors que tout le monde s'active à cette tâche, survient d'un autre village, un garçon mutilé accompagné de sa petite soeur et d'un tout jeune enfant. A peine arrivé cet adolescent va prédire l'attaque américaine pour le lendemain. Le premier film tourné en Irak depuis la chute de Saddam Hussein."

 

Half Moon / Bahman Ghobadi

"Un vieux musicien kurde vivant au Kurdistan iranien peut enfin retourner jouer au Kurdistan irakien après la chute du régime de Saddam Hussein... Un beau film onirique, sorte d'allégorie de la souffrance d'un peuple martyrisé..."

 

Les chants du pays de ma mère / Bahman Ghobadi

" Dans le Kurdistan iranien après la guerre Iran Irak, un musicien Kurde parcourt la région à la recherche de son ancienne compagne chanteuse."

 

 

Le cinéma iranien hors d'Iran

 

La diversité de ce cinéma en pleine effervescence est renforcée par les nombreux cinéastes de la diaspora : Marjane Satrapi, Arash T. Riahi, Sepideh Farsi ou Maryam Keshavarz. De plus, malheureusement, le mauvais sort réservé aux réalisateurs ayant connu du succès à l'étranger en a poussé plus d'un à poursuivre leur carrière en dehors de l'Iran, c'est le cas d'Abbas Kiarostami et d'Asghar Farhadi.

 

IR pour un instantPour un instant la liberté / Arash Riahi

"Ali et Merdad tentent de fuir l'Iran avec leurs cousins Asy, 7 ans, et Arman, 5 ans, dans le but de les ramener à leurs parents qui vivent en Autriche. Mais ils doivent d'abord passer par la Turquie et attendre un hypothétique visa qui tarde à venir. Ils font alors la connaissance d'autres réfugiés iraniens : un couple et leur petit garçon cherchant à prouver aux pouvoirs publics qu'ils sont persécutés pour des motifs politiques ou encore un professeur et un jeune Kurde qui surmontent leurs difficultés quotidiennes grâce à un incroyable sens de l'humour... Des hommes et ces femmes qui attendent désespérément de gagner l'Europe, terre de libertés..." Bande annonce

En écho, un beau film documentaire : L'escale, de Kaveh Bakhtiari

 

IR persepolisPersepolis / Marjane Satrapi

"Téhéran 1978 : Marjane, huit ans, songe à l'avenir et se rêve en prophète sauvant le monde. Choyée par des parents modernes et cultivés, particulièrement liée à sa grand-mère, elle suit avec exaltation les événements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du shah. Avec l'instauration de la République islamique débute le temps des "commissaires de la révolution" qui contrôlent tenues et comportements. Marjane qui doit porter le voile se rêve désormais en révolutionnaire." Bande annonce

 

IR en secretEn secret / Maryam Keshavarz

"Atafeh et sa meilleure amie Shirin fréquentent les soirées branchées du Téhéran underground. Elles essayent de profiter au mieux de leur jeunesse quand Mehran, le frère et complice d'Atafeh, devient membre de la police des moeurs. Alors qu'il désapprouve sévèrement leur besoin de liberté, Mehran tombe amoureux de Shirin. Ses sentiments vont vite tourner à l'obsession et mettre à l'épreuve l'amitié des jeunes filles." Bande annonce

 

IR sepidehIntime Téhéran, deux films de Sepideh Farsi

Le Regard (2005) : Un expatrié iranien vivant à Paris rentre chez lui alors qu'il perd la vue.

Le Voyage de Maryam (2002) : Maryam débarque à Téhéran à la recherche de son père.

 

 

 

La richesse du cinéma iranien, telle qu'on peut la connaître en France, c'est aussi des films d'animation pour enfants (voir notre sélection) et un foisonnant cinéma documentaire dont on citera quelques représentants : Sanaz Azari, Kaveh Bakhtiari - déjà cité pour L'escale - Ebrahim Mokhtari, Mehran Tamadon, célèbre pour son Iranien, ou encore ce très émouvant film anonyme, tourné lors de la vague de contestation de 2009, Iran : fragments d'une révolution, et puis, last but not least - attention chef d'oeuvre - Fifi hurle de joie de Mitra Farahani.

 

 Pour aller plus loin, voici un très bon site sur le cinéma iranien :

cinemas d iran

 

 

 

et puis un film passionnant de Nader Homayoum, Iran : une révolution cinématographique.