maintenant je suis grand coupePour vous guider dans vos choix de livres pour les tout-petits, vous trouverez dans cet article une sélection d'albums parus ces 3 derniers mois.

Ce sont nos pépites, des albums qui ont attiré notre regard parce qu'ils parlent des sujets qui préoccupent les tout-petits, mais avec suffisamment de distance, d'humour, de bienveillance aussi pour que les jeunes enfants puissent grandir sereinement et développer leur imaginaire...

Les albums présentés dans cet article seront disponibles au prêt prochainement.

 

 

Visitons la maison

Dans une maison il y a des objets, des bruits familiers, il y a des animaux et des plantes, et il y a surtout des papas, des mamans et des enfants qui forment des familles. Et puis il y a aussi des chiens, des chats, des oiseaux, et puis des objets : casseroles, télévisions, meubles, patins à roulettes, et des tas d'autres choses à découvrir.
La ligne rouge fait entendre tous les bruits de la maison, la bleue permet de réunir les différentes familles, la ligne jaune fait découvrir les animaux de la maison qui sont en double et la verte nous porte tout au long de l'abécédaire des objets de la maison.
Bien sûr, les familles à rayures vertes, à rayures rouges et à carreaux se mélangent et se recomposent, les animaux domestiques jouent à cache-cache, les bruits de la maison font de la musique de chambre et les objets aiment à se présenter par ordre alphabétique : tout ça en suivant sagement les couleurs par thème. (Gallimard jeunesse)

 

Théorème de Pythagore / La tirade du nez / Tas de riz tas de rats / Un grand cerf

« Bon pour les bébés » est la nouvelle collection d'albums pour les bébés, créée par Thierry Dedieu au Seuil. Quatre très beaux livres, aux très grandes pages cartonnées, inaugurent cette collection pour bébé dès la naissance. Comme le tout-petit ne distingue pas les couleurs, mais seulement les contrastes, l'auteur a choisi le noir et blanc. Les dessins sont très simples, un peu comme des silhouettes. Et en bas de chaque page, une très jolie phrase, comme par exemple dans Tas de riz tas de rats : "Tas de riz tentant tenta tas de rats tentés".
Même les adultes vont se régaler avec la lecture de ces livres géants pour enfant de 0 à 3 ans. Une lecture de toutes petites comptines qu'on serait tenté d'apprendre par cœur !

 

Fort vraiment fort!

Oh ! Ah ! Whao ! il est vraiment trop fort, ce papa. De surprise en surprise, il sait étonner et faire plaisir à chacun. Cette mini-histoire toute simple n'en réserve pas moins bien des péripéties ! Au fur et à mesure des images qui grandissent et des onomatopées qui commentent l'action, un vrai suspense se construit, jusqu'à un final fort en émotion ! Une histoire à raconter à voix haute et sur tous les tons, pour un vrai moment de jeu et de complicité avec les tout-petits ! (Bayard jeunesse)

 

Petit ouistiti / Gros lion

Martine Bourre inaugure avec ces deux albums une nouvelle collection chez Didier jeunesse, destinée aux plus jeunes lecteurs. Dans ces deux premiers titres, elle explore les expressions corporelle et les mimiques des bambins et joue de leur ressemblance avec des animaux.
Pour illustrer ses histoires, elle utilise quelques coups de crayons toujours très justes, du papier découpé qu'elle affectionne souvent et quelques couleurs vives. Les formes sont douces et rondes, le texte est court et chantant.
Dans chacun de ces deux albums, le texte parle d'un animal dans son milieu  naturel alors que l'image montre un bambin dans un appartement. Les branches aux quelles se balance le petit ouistiti sont les bras des membres de sa famille, la grande plaine que le gros lion arpente est un couloir.
Les enfants ne s'y trompent pas une seconde, ils  savent (et disent) que tout ça, c'est pour (de) rire. D'ailleurs, alors que Gros lion et Gazelle s'affrontent dans une roulade sur le plancher du salon, des figurines d'animaux au sol confirment qu'on est entrés dans le jeu des enfants.Une série prometteuse. (http://chlopitille.free.fr)

 

Bob & Marley. Le cadeau

Marley (grand ours noir) offre pour le plaisir un tabouret à son ami Bob (petit ours brun). Ce dernier, déçu par l'objet, le trouve moche et sans intérêt. Ne s'avouant pas vaincu, Marley s'obstine - démonstrations à l'appui - à prouver l'utilité de ce siège à son acolyte vexé. A la fin de la journée, malgré tous les efforts déployés, Bob ne s'est pas déridé. A la nuit tombée, éreintés, les deux comparses s'allongent à l'ombre d'un pommier...
Après Laurel et Hardy, Astérix et Obélix, voici Bob & Marley, un nouveau couple antinomique (grandeur, couleur, caractère) prétexte aux gags à répétition. L'obstination de Bob à ne rien laisser transparaître est jouissive, on rit devant cette tête de mule et l'on plaint Marley d'avoir un ami si obtus. Mais, au final, sa patience sera récompensée ! Frédéric Marais et Thierry Dedieu signent une nouvelle série pétillante et drôle à savourer, même avant de savoir marcher ! (Emmanuelle Pelot, ricochet.org)

Deuxième titre de la collection à paraître en avril 2015: Les ricochets

 

 

Mélimélanimo

Tout est permis dans cet album pour tout-petits où il n'est pas question de suivre l'ordre établi mais plutôt de se laisser aller à mélanger les animaux proposés : tournez les trois volets (tête, buste, pieds) au gré de vos envies et délectez-vous du résultat ! De nouvelles espèces apparaissent comme un cacrogouin ou un remouchon (je vous laisse deviner qui compose ce savant mélange) ! Dotés de piercings, lunettes de soleil, baskets colorés et même jambe de bois, ces drôles de bestioles ne manquent pas de fantaisie, recto comme verso.
Un petit cartonné pour s'amuser, placé sous le thème de tous pareils tous différents ! (Emmanuelle Pelot, ricochet.org)

 

Hourra!

Un garçon, vêtu à l'exquise manière d'un randonneur japonais, pénètre dans une grotte où les roches figurées et les découpes évidées se font formellement écho. Escaladant l'une, se hissant dans l'autre, il traverse la montagne et réussit à en sortir pour découvrir une forme blanche, comme un nuage se découpant sur un ciel azurin, forme dans laquelle il finira par plonger. Cette traversée de la grotte, demandant efforts et contorsions pour finalement "voir le jour" peut, bien sûr, être vue comme la représentation symbolique d'une naissance. Mais le "Hourra !", annoncé par le titre, qui salue l'exploit, peut aussi être rapproché du très singulier, quoique très différent Bravo! de Corinne Lovera Vitali (Thierry Magnier) qui entendait saluer les bébés pour "ce boulot de fou qu'ils font en permanence".
Alors qu'on pourrait s'étonner d'une telle subtilité du graphisme dans un album que son format destine aux tout-petits – pourtant salutairement aux antipodes des couleurs vives en contraste devenues la règle dans ce secteur de l'édition – on s'aperçoit, admiratifs, que cette petite narration "presque sans texte", d'une profondeur stupéfiante pour l'économie de moyen déployée, leur est, finalement, tout particulièrement destinée ! (Sophie Van der Linden, svdl.fr)

Lire aussi la critique de Chlop: ici

 

La maison que Pierre a bâtie

En France, nous avons des comptines traditionnelles et des jeux de doigts que nous fredonnons à nos enfants depuis des générations mais les "nursery rhyme" n'ont pas ou peu traversé la Manche. C'est bien dommage car ces mélodies proposent souvent des jeux de sons et du rimes qui éveillent les plus petits aux joies du langage. La maison que Pierre a bâtie est un récit inspiré de The House that Jack built, nursery rhyme très populaire en Grande Bretagne. Cette histoire est une randonnée musicale qui propose à l'enfant une drôle de pérégrination. Ce sont les répétitions et les jeux de sons qui permettent au jeune lecteur de suivre le fil de l'histoire et de mémoriser les étapes. Dans le grenier de la maison que Pierre a bâtie, il y a de la farine qu'un rat a mangé. Mais un chat l'a attrapé avant d'être étranglé par un chien... La trame narrative est une chaîne de personnage que l'on retrouve dans une belle farandole récapitulative à la fin de l'album. Les illustrations proposent des images qui nous font changer d'époque avec des cadrages serrés sur l'action et des couleurs surannées. Elles sont pourtant efficaces et renforcent la dynamique du récit. Les jeux de typographie créent un ensemble visuel qui fait sens. Un album à lire et à chanter... (deslivresetlesenfants.blogspot.fr)

 

Tiens!

Invitée en résidence par la Ville de Grenoble en avril 2014, Ramona Badescu a rencontré des enfants dans une crèche et une école maternelle. De manière quotidienne, elle a observé et photographié des mains d'âges différents donnant et recevant ces objets qui rythment le jour.
Que font nos mains ? Que transportent-elles qui nous permette de manger, dormir, jouer, aimer, découvrir, apprendre, être ensemble ?
La juxtaposition des images, leur enchaînement, leur opposition parfois créent un récit qui, à travers de simples objets, expriment sentiments, émotions et poésie. (Les grandes personnes)

 

Un petit mot magique

 "Veux-tu un donut?" demande Monsieur Panda au petit pingouin. Celui-ci lui répond : "Donne-moi le rose." Alors, le panda s'en va en expliquant qu'il a changé d'avis. Puis, c'est au tour du blaireau, de l'autruche et de la baleine de mal s'exprimer. Le panda réagit de la même façon : il se retourne et part.
Pas de mot magique, pas de donut. "Quelqu'un d'autre veut-il un donut ?" Un lémurien s'approche alors et s'exprime ainsi, le sourire aux lèvres : "Bonjour ! Est-ce que je peux avoir un donut... S'il te plaît Monsieur Panda ?"
Un album empli de tendresse. Tous les dessins sont en noir, blanc et gris, les seules autres couleurs des illustrations viennent des donuts. Une jolie histoire pour apprendre la politesse aux tout petits et ce, avec humour. Un personnage principal adorable qui veut juste donner ses gâteaux, mais ne le fera qu'à une seule condition... (lesenfantsalapage.com)

 

Si les parents lapins dormaient avec leurs enfants...

Si les Parents lapins dormaient avec leurs enfants... est un album savoureux à partager en famille au moment du coucher pour rappeler à chacun comme il est bon de dormir seul dans son lit. Effectivement si les enfants dormaient avec leurs parents, alors les grands-parents devraient eux aussi dormir avec leurs enfants. Les oncles et tantes accourraient pour se glisser entre les draps et leurs enfants suivraient en file indienne. Têtes entrelacées, pattes emmêlées, oreilles écrabouillées, le lit deviendrait alors un capharnaüm cauchemardesque... Si les parents lapins dormaient avec leurs enfants... propose une logique implacable pour parer aux arguments des enfants qui souhaitent envahir le lit parental. La chute de l'histoire est réjouissante et convoque la bonne humeur au moment du coucher. Les illustrations participent au récit et jouent sur les effets d'accumulation et de surprise. Un album drôle et intelligent. (deslivresetlesenfants.blogspot.fr)

A écouter: Denis Chessoux parle de l'album dans l'émission L'as-tu lu mon p'tit loup? (France Inter)

 

Tu nous emmènes?

On se régale toujours des albums de Yuichi Kasano. Des ses lignes claires, de ses couleurs tendres et vives, de son goût pour la précision sans superflu.
Deux aviateurs, père et fils, ont bricolé leur engin. Boîtes à outils sous la main, peinture en train de sécher : tout est fin prêt. On va pouvoir décoller ! Pas si vite ! Arrive un passager de dernière minute : « Hé ho ! » dit le chien « Emmenez-moi! ». Avec deux ou trois planches et quelques coups de marteau, on accommode le retardataire. Cette fois on peut y aller! Pas si vite !
Histoire à répétition et à accumulation comme Kasano les réussit si bien, Tu nous emmènes ? est un joyeux défilé de passagers inattendus, à quatre pattes ou à plumes, qui réjouira les (tout) petits lecteurs. La même recette que dans A la sieste, tout le monde! ou Bloub bloub bloub et on ne s'en lasse pas tant chaque dessin est un nouvel émerveillement. Le trait est joyeux, le ton espiègle et bienveillant. Partage, bonne humeur, comique de répétition, nos deux aviateurs acceptent volontiers de faire un peu de place. Ce n'est plus à prouver : plus on est de guignols, plus on rigole ! (tiroirahistoires.canalblog.com)

 

Je veux voler

"Je veux voler !": telle elle est l'obsession de cet oisillon, perché sur sa branche, solitaire. Pour ça, il lui faut de l'aide et personne n'est mieux indiqué que son père. Celui-ci volette de droite et de gauche... mais est bien trop occupé pour apprendre à voler à son fils. Aucun problème: notre oisillon ne manque pas de ressources. Après avoir demandé, supplié, vociféré, il tente le chantage affectif ! Une manœuvre risquée, qui a des conséquences... drôles et inattendues !
Le graphisme est extrêmement clair : le décor est fixe et les couleurs – ocres, verts, noir – saturées. Il n'y a que l'oisillon qui change de position, d'expression, ou d'attitude.
Le texte est simple et traduit à chaque page l'évolution de l'impatience de l'oisillon – impatience dans laquelle on reconnaît les jeunes enfants. La chute est extrêmement drôle, et devrait plaire aux très jeunes lecteurs !
Je veux voler est un petit texte sur l'apprentissage et le désir d'émancipation dans lequel les enfants se reconnaîtront sans difficulté. Le dessin, tout en rondeur, est accrocheur, agréable à l'œil et tout à fait adapté à cette histoire, ce qui ne gâche rien. Antonin Louchard signe là un très bel – et très efficace – album à avoir dans les bibliothèques des tout-petits ! (cafe-powell.com)

 

 Mon petit étang / Ma petite jungle

Mon petit étang fait partie d'une série  "écologique", utilisant un carton léger recyclé et des encres naturelles.  Il sort en même temps que l'album Ma petite jungle. A noter que la première livraison, parue chez Hélium en 2013, comportait Ma petite forêt, prix du plus beau livre en Allemagne en 2013, et Mon petit jardin.
Le propos de Mon petit étang est tout simple: partir à la découverte de l'étang en compagnie de trois de ses habitants, canard, poisson et grenouille. Mais le ton est délicieux et l'atmosphère joyeuse et ludique. Que l'on soit sur l'eau, sous l'eau ou à côté de l'eau, il s'en passe des choses dans ce petit étang. Plein d'animaux s'y rendent, plus ou moins visibles, plein de plantes y poussent. Bien sûr, tout est nommé dans cet imagier qui invite sans le demander à retrouver ses trois héros principaux dans chacune des illustrations. Katrin Wiehle a le sens de la narration autant que de la composition. Mon petit étang est tellement bien fait et charmant qu'on voudrait bien être de nouveau tout-petit lecteur!(lu-cieandco.blogspot.fr)