Le chemin bleuAu fil des mots, le bleu se déploie dans la littérature pour la jeunesse. Il est perçu comme le symbole de la fraîcheur et de la pureté ou comme une invitation au rêve et au voyage.

Il peut aussi rappeler l'infini, l'idéal, la paix.... C'est la couleur du ciel, de l'eau, de la Terre vue de l'espace,...  bleu azur, bleu indigo, bleu pastel... Nous vous proposons ici une sélection d'albums originaux écrits par des auteurs contemporains qui ont en commun de s'être inspirés de la couleur bleu.

 

 

Le petit chaperon bleu, de Guia Risari et Clémence Pollet

Dans cette adaptation du Petit chaperon rouge, le lecteur est plongé dans un univers familier, réaliste et urbain. En dépit de la volonté de sa mère, la fillette choisit de porter une pèlerine bleue indigo. Le rouge est criard et triste alors que le bleu est brillant et proche de ses rêveries. La grand-mère est un peu pénible avec toutes ses maladies.  Le personnage du petit chaperon bleu rencontre sur le chemin le loup, un petit garçon déguisé, avec qui, elle joue à se raconter des histoires inspirées par les contes de fées classiques.

Les éléments du conte classique sont ici détournés pour être associés avec ironie  à la vie quotidienne des enfants. Le décalage entre le texte et les images est d'abord surprenant, puis il renforce l'effet d'humour. Par un système de notes, il est possible d'approfondir l'histoire. Ce procédé peut paraître déroutant mais il fonctionne très bien.

 Lire les critiques de Michel Driol et  Hélène Dargagnon

Ma maison bleue, d'Alain Serres et Edmée Cannard

Un enfant raconte son histoire. Sa maison est bleue, infinie et vaste ; les mystères des planètes sont immenses. Le vocabulaire est riche pour désigner l'environnement de l'enfant : le pays, la région,  la ville et ses quartiers,  la maison, la chambre.... Avec des repères spatiaux-temporels, l'enfant se construit et comprend le monde qui l'entoure. Au cours de l'histoire, il s'interroge sur lui-même, ses émotions, ses proches et  la nature. Le lecteur suit les pensées du jeune garçon.  La symbolique du bleu nous amène dans une atmosphère onirique. Finalement, nous sommes petits mais notre maison est grande!

« Les illustrations évoquent bien la diversité des éléments présentés et les sentiments du jeune narrateur. (...) Les compositions suggèrent l'espace. Des traits se nouent, des correspondances surgissent dans un élan vital, avec un langage très poétique. » Lire toute la critique de Pascale Pineau

Le bleu de Madeleine, d'Anne Luthaud et Claire Degans

 Madeleine est une petite fille qui cherche le bleu de ses rêves.  Elle se promène et décrit la palette des bleus qui l'entourent. Cette couleur est évoquée dans ses nuances et à travers divers éléments : le ciel, la mer, les yeux de son papa, les plaques des rues, les hommes du désert ... Enfin, on finit par découvrir les tableaux de Degas, Vermeer ou Klein. Sur le thème du bleu, on voyage d'un tableau à l'autre et on en découvre les beautés picturales.

Cette histoire a été adaptée au théâtre par la compagnie Les arrosoirs, la mise en scène est d'Anne-Marie Marques,  voir la présentation de leur travail :

 

Le chemin bleu, d'Anne Brouillard

Le chemin bleu est un espace-temps mystérieux, une transition dans la vie, un rêve...  Le narrateur adulte  qui a parcouru un long chemin de vie expose  ici ses souvenirs d'enfance et  invite le lecteur dans son voyage intérieur.  Revenant sur ses pas, il retrouve des sensations d'enfant. L'auteure nous offre un album magnifique. Dans cet ouvrage, elle a choisi d'alterner les situations, pages colorées ou pages en noir et blanc,  temps présent ou souvenirs, grands dessins ou petites vignettes.

"Pourquoi avons-nous oublié que notre vie est faite d'instants comme ceux là, qu'il est peut être facile d'en éloigner les angoisses et les contraintes superflues, qu'il suffirait juste de regarder autrement et de laisser entrer la lumière jaune des matins d'hiver, en considérant toute l'importance d'une balle écarlate, d'un cheval patient et d'un arbre noir, gardien de notre enfance...Il y a là une posture face aux évènements, une façon d'être et de ressentir très profondément l'alliance de l'humain avec la nature, éléments indissociables, complémentaires, comme dans tous les albums d'Anne Brouillard. Comme aussi dans certaines œuvres de peintres et de poètes chinois où l'épure et la recherche de la simplicité nous amène à considérer enfin l'essence même des êtres et des choses. Et à rester à notre place dans ce monde." [Martine Bourre in http://loiseaulire.hautetfort.com/archive/2007/07/29/chemin-bleu.html]

La maison bleue, d'Anne Herbauts

 Un voyageur décide de construire une maison. Elle est d'abord blanche. Trois oiseaux, très espiègles, se moquent de son travail. Le bonhomme, poursuivant ses efforts, va peindre sa maison en bleu. Les oiseaux continuent à critiquer la maison du bonhomme. Il réalise enfin une maison aussi grande que le ciel !
Cette histoire poétique est une ode à la persévérance. Le bleu qui est associé à la couleur du ciel est alors un élément très important de la structure du récit.

« Dans La maison bleue, le personnage du livre tente de rendre sa maison toujours plus belle, mais quoi qu'il fasse, les oiseaux qui se situent au-dessus de lui trouvent toujours à redire. Comment leur clouer le bec ? C'est grâce au livre que cela sera rendu possible. Le héros peint sa maison dans le ciel, et il n'y a que dans un livre qu'on peut faire cela. » [http://www.cndp.fr/crdp-creteil/telemaque/auteurs/anne-herbauts.htm]

« Anne Herbauts engage donc un travail suivi sur la mise en scène de la disparition et de l'absorption dans le grand univers, comme le suggère d'une façon moins grave mais tout aussi problématique l'album La maison bleue qui nous parle de l'impossibilité à déterminer où commencent et finissent le microcosme (la maison, ici) et le macrocosme (l'infini du ciel) : Bonhomme, le personnage solitaire de l'album, choisira finalement de bâtir « une maison aussi vaste que le ciel... Dans le ciel ! » ; la dernière page exhibe Bonhomme, alias Herbauts, depuis la cime d'un arbre et à même le ciel, peignant sa maison dont la porte et l'unique fenêtre sont agrandies à l'échelle céleste. » [Nelly Chabrol Gagne (Université Blaise Pascal, CELIS, Clermont-Ferrand) Article paru dans Modernités 28 L'album contemporain pour la jeunesse : nouvelles formes, nouveaux lecteurs? Textes réunis et présentés par Christiane Connan-Pintado, Florence Gaiotti et Bernadette Poulou.- Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2008, pp. 161-172.]