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Pour aiguiser votre curiosité, nous vous proposons ici des parcours thématiques, concoctés au gré des évènements et des envies du moment, pour arpenter nos collections de DVD, CD, livres, pour tous les âges et tous les goûts.

jia still life couverture

 Retour sur les films d'un des réalisateurs phares du cinéma chinois contemporain, subtil observateur de son temps.

 Né en 1970 à Fenyang, dans le Nord de la Chine, Jia Zhang-ke est devenu le chef de file d'un certain cinéma chinois indépendant, largement reconnu à l'étranger mais peu encouragé en Chine continentale.

Ses films s'ancrent rigoureusement dans les paysages mouvants d'un pays en transformation rapide et captent avec minutie les répercussions de ces bouleversements sur le vécu émotionnel de ses habitants. Dresser un état des lieux de la société chinoise à travers ses films / ouvrir ses films aux enjeux qui secouent cette société : loin de tout exotisme et de toute emphase, voilà un cinéaste dont les tensions créatrices rejoignent celles qui taraudent un pays où bien des choses contradictoires coexistent.

L'envergure de son propos le conduit volontiers à multiplier les narrations et les lieux à l'intérieur d'un même film (A Touch of sin en particulier, dont les quatre personnages principaux nous emmènent du Nord au Sud d'une Chine très contrastée) et à hybrider fiction et documentaire (24 City).  Témoin de son temps, et avec quelle acuité, l'œuvre de Jia Zhang-ke ne saurait pour autant se réduire à un naturalisme social destiné à porter un message contestataire, parce que c'est celle d'un vrai styliste, en constante recherche formelle, avide d'expérimentation.

 

 

Au-delà des montagnes / 2015

jia au del Chine, fin 1999. Tao, une jeune fille de Fenyang, est courtisée par ses deux amis d'enfance, Zang et Lianzi. Zang, propriétaire d'une station service, se destine à un avenir prometteur tandis que Liang travaille dans une mine de charbon. Le coeur entre les deux hommes, Tao va devoir faire un choix qui scellera le reste de sa vie et de celle de son futur fils, Dollar. Sur un quart de siècle, entre une Chine en profonde mutation et l'Australie comme promesse d'une vie meilleure, les espoirs, les amours et les désillusions de ces personnages face à leur destin.

Bande annonce

« Quand on est jeune on ne pense pas à la vieillesse, quand on se marie on ne pense pas au divorce, quand on a ses parents on n'envisage pas qu'ils vont disparaître, quand on est en bonne santé on ne pense pas à la maladie. Mais à partir d'un certain âge, on entre dans ce processus, qui est celui du présent mais aussi des projections dans l'avenir. Le sujet du film est la relation des sentiments avec le temps : on ne peut comprendre vraiment les sentiments qu'en prenant en compte le passage du temps. » Jia Zhang-ke

 

 

A touch of sin / 2013

jia a touchDahai, mineur exaspéré par la corruption des dirigeants de son village, décide de passer à l'action. San'er, un travailleur migrant, découvre les infinies possibilités offertes par son arme à feu. Xiaoyu, hôtesse d'accueil dans un sauna, est poussée à bout par le harcèlement d'un riche client. Xiaohui passe d'un travail à un autre dans des conditions de plus en plus dégradantes. Quatre personnages, quatre provinces, un seul et même reflet de la Chine contemporaine : celui d'une société au développement économique brutal peu à peu gangrenée par la violence.

Bande annonce

« La transformation rapide de la Chine s'est faite au profit de certaines régions mais également au détriment d'autres. L'écart entre riches et pauvres se creuse de plus en plus. Les gens ont le moral en berne car ils sont constamment confrontés à des exemples de richesses mais aussi à l'injustice sociale. Face à certains incidents violents, j'ai senti qu'il fallait que je parle du problème de la violence dans un film. C'est peut-être le seul moyen de réduire sa place dans nos vies. Je me suis donc lancé dans l'écriture d'un film qui serait une série de portraits de la violence plutôt que l'histoire d'un seul protagoniste. Afin d'illustrer la Chine moderne comme je la comprends, je suis parti de quatre faits divers incroyablement violents et j'en ai fait une œuvre de fiction. » Jia Zhang-ke

 

 

 I Wish I Knew : Histoires de Shangaï / 2010

jia I wish I knewShanghai, fascinante mégalopole portuaire, a connu d'immenses bouleversements depuis 1930 : révolutions politiques et culturelles, assassinats, flux de population. Dix-huit personnes se remémorent leurs vies dans cette cité en perpétuelle évolution, leurs expériences personnelles, comme dix-huit chapitres d'un roman.

Bande annonce

« En Chine continentale tout comme à Shangaï et Taïwan, la vraie nature des événements survenus dans la Chine moderne a été dissimulée par le pouvoir. Comme un orphelin angoissé à l'idée de découvrir ses origines, j'ai ressenti l'urgence de savoir ce qui se cachait derrière les récits familiers de l'histoire officielle. Comment les individus ont-ils réellement vécu ces événements récents ? » Jia Zhang-ke

 

24 City / 2008

jia 24 cityChengdu, aujourd'hui. L'usine 420 et sa cité ouvrière modèle disparaissent pour laisser place à un complexe d'appartements de luxe : "24 City". Trois générations, huit personnages: anciens ouvriers, nouveaux riches chinois, entre nostalgie du socialisme passé pour les anciens et désir de réussite pour les jeunes, leur histoire est l'Histoire de la Chine.

Bande annonce

« Mettre en parallèle le documentaire et la fiction était pour moi la meilleure façon d'affronter l'histoire de la Chine entre 1958 et 2008. Elle est simultanément construite par les faits et par l'imagination. Je n'ai pas cherché à organiser l'histoire mais à comprendre cette expérience socialiste, qui dure depuis près de 100 ans et qui a affecté le destin du peuple chinois. Afin de comprendre ces changements sociaux complexes, il faut écouter avec attention les témoignages des protagonistes. » Jia Zhang-ke

 

 

Useless / 2007

jia useless 500D'une usine de textile à Canton à un petit village minier, ce film documentaire nous conduit dans le monde du vêtement, avec pour fil conducteur la styliste Ma Ke, qui a lancé la première marque chinoise, Wu Yong, ce qui signifie "inutile". Sa réflexion de créatrice oppose à la fabrication industrielle de masse une vision spiritualiste du vêtement, qui intègre l'affectivité, la mémoire, la nature et la tradition.

Bande annonce

« Useless n'est pas un film sur la dénonciation des conditions de travail des ouvriers chinois du textile. Il est aussi cela, mais pas uniquement. À travers le monde déshumanisé des usines à la chaîne, le monde hors du monde d'une jeune styliste, le monde du grand luxe et enfin celui des petits tailleurs du Shanxi, Useless s'apparente à un « essai » sur le bonheur en Chine contemporaine. Un film dans lequel chaque plan amène une nouvelle réflexion, d'une intelligence et d'un talent plastique qui égalent les œuvres de fiction de Jia Zhang-ke. » Critikat

 

 

Still life / 2006

jia still life 008La construction d'un gigantesque barrage provoque la destruction de villages entiers et des déplacements de populations. Dans une ville qui s'effondre, condamnée à être totalement submergée, deux destinées et deux quêtes amoureuses se croisent. Une femme recherche son mari disparu depuis deux ans afin de divorcer. Parallèlement, un mineur revient dans la région pour retrouver son ex-femme qu'il n'a pas vue depuis seize ans et rencontrer sa fille qu'il n'a jamais connue. Son seul indice pour les retrouver : une adresse où il ne découvre que des ruines.

Bande annonce

« Si j'ai choisi le cinéma, c'est justement parce qu'il permet de montrer et de saisir le temps qui passe. Notre destin, notre vie ont un lien direct avec le temps. Cette ligne temporelle dans notre vie nous conduit quelque part, et même si on ne sait pas exactement où, c'est le trajet qui importe. C'est une idée très bouddhiste. Si le destin est déjà écrit, alors le trajet importe d'autant plus. » Jia Zhang-ke

 

 

The World / 2004

jia The WorldA World Park, parc miniature réunissant les monuments les plus célèbres du monde entier, dans lequel travaille Tao. Chaque jour, elle chante et danse devant le public. Son ami, Taisheng, est l'un des gardes du parc à thème. Mais leur relation est compromise : Taisheng est attiré par Qun, une jeune styliste...

Extrait

« Ceux qui vivent et travaillent dans le parc semblent pouvoir passer facilement d'un pays à l'autre et voyager dans un monde sans frontières. En réalité, ils sont isolés et enfermés dans l'univers des répliques miniatures où celle de la tour Eiffel côtoie celle de Manhattan, du Mont Fuji et des Pyramides. La possibilité de reproduire ces répliques nous renvoie à l'impossibilité de reconstruire les vies, les sociétés et les traditions qui les entourent. Les personnages doivent affronter leurs douleurs passées, et cette globalisation exacerbée ne réduira ni le fossé créé par l'histoire, ni les complications entraînées par le réveil de la Chine. » Jia Zhang-ke

 

 

 Plaisirs inconnus / 2002

jia plaisirs inconnusA Datong, dans le Nord de la Chine, Xiao Ji et Bin Bin, âgés de 19 ans, sont tous les deux au chômage. Ne se voyant aucun avenir, ils passent leur temps à traîner dans les rues. Xiao Ji est amoureux de Qiao Qiao, la chanteuse vedette de la région, et vit à travers les fictions américaines. Bin Bin, pour qui sa mère envisage une carrière militaire, aime le karaoké et les dessins animés. Dans cette Chine qui change, les deux adolescents résistent difficilement aux appels du monde occidental et à l'attrait de l'argent facile.

Bande annonce

« En tant que réalisateur, il y a deux choses dont on ne peut pas faire l'économie : d'une part conserver un lien intime avec la vie, ne cesser d'observer la société et les individus ; d'autre part, rechercher sa propre écriture cinématographique. Plaisirs incommus m'a permis de faire une expérience particulière. La réalité de la vie des jeunes m'a inspiré une forme. Les longs plans-séquences conviennent parfaitement au côté figé de leur vie, ainsi qu'à leur silence. » Jia Zhang-ke

 

 

Platform / 2000

jia platformDurant l'hiver 1979, à Fenyang, une troupe de théâtre présente sa pièce à la gloire de Mao-Tsé-Toung. La vie de Minliang (Wang Hong-wei) et de ses camarades tourne autour des représentations et des histoires d'amour naissantes. Au printemps 1980, des petits changements viennent peu à peu modifier la vie de la troupe de théâtre : musique pop, cheveux permanentés, cigarettes au bec... Au milieu des années 80, la politique du gouvernement change et les subventions d'Etat sont supprimées. L'avenir de la troupe devient incertain, de même que les rapports entre ses membres.

Extrait

« Pendant de longues années, les Chinois n'ont trouvé leur identité que dans le collectif : nous avions à nous penser comme de simples rouages de l'énorme machine qu'est la nation. Jusqu'à très récemment, l'identité individuelle était peu reconnue, la vie spirituelle très limitée et les divertissements rares et pauvres. C'était vrai non seulement dans ma province, mais dans toute la Chine. Quand les « portes » se sont enfin ouvertes, la première chose à avoir un réel impact a été la musique populaire de Hong-Kong et Taïwan. Les chansons d'amour nous ont rappelé que nous avions le droit d'aimer. La sous-culture issue de la musique pop stimula le réveil de la conscience individuelle » Jia Zhang-ke

 

 

Xiao Wu artisan pickpocket / 1997

Jia xiaoAprès une absence mystérieuse, certainement un séjour en prison, Xiao Wu revient dans sa petite ville de Fenyang. Il retrouve Xiao Yong, son ancien comparse. Celui-ci a abandonné le vol a la tire pour une activité plus lucrative, le trafic de cigarettes. C'est devenu un nouveau riche, salue et respecte. Les deux amis sont devenus étrangers l'un a l'autre. Xiao Wu erre dans la ville, dont les vieux quartiers sont peu a peu rases. Il s'éprend de Mei Mei dans un bar karaoké mais il est rejeté. Il part alors dans sa famille de paysans pauvres d'un village de montagne.

Extrait

« A l'époque, la censure était très stricte et pour de jeunes réalisateurs comme nous, il était impensable de faire passer une certaine vérité de la jeunesse chinoise en restant dans les circuits officiels. Il fallait qu'on le fasse en dehors du système. Grâce à un livre qui parlait beaucoup de Fassbinder, j'ai pris conscience du concept de cinéma indépendant. Nous avons donc décidé pour mon premier film, « Xiao Wu artisan pickpocket », en 1997, de le réaliser de façon complètement indépendante. » Jia Zhang-ke

 

 

et aussi...

 

Un portrait de Jia Zhang-ke par le cinéaste brésilien Walter Salles :

jia garsJia Zhang-ke, un gars de Fenyang

Pour réaliser ce portrait, Walter Salles est revenu aux origines de Jia Zhang-ke : Fenyang, sa ville natale dans le Shanxi. Il y a rencontré, filmé et interviewé la mère et la soeur du réalisateur, Zhao Tao bien sûr, mais aussi ses collaborateurs et amis de toujours, tous indissociables de son oeuvre. C'est un portrait de l'intérieur, réalisé en osmose avec l'univers du réalisateur, et qui fait ressentir à quel point son oeuvre est une peinture unique de l'évolution de la société chinoise.

 

 

 Parmi les films emblématiques du cinéma chinois indépendant (hors Hong-Kong et Taïwan), nous vous recommandons également :

 jia nuitsjia orphelinjia beijingjia trapjia a la foliejia black coal

 

 

 

 

 

 


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